limites du pays d'Yveline
le pays d’Yveline

Il s’agit d’un « pays traditionnel français », situé au sud-ouest de l’Île-de-France, limité par le Mantois au nord, le Drouais à l’ouest, la Beauce au sud, et l’Hurepoix à l’est.

(la région de Versailles, qui lui semble rattachée, sur la carte ci-contre, présente des caractéristiques spécifiques qui ne permettent pas de la classer dans un « pays traditionnel » ).

Le pays d’Yveline doit son nom à l’ancien massif forestier de l’Yveline, qui existe encore au-travers de la forêt de Rambouillet, l’une des plus vastes et des mieux préservées de France. Mais depuis le XIXème siècle cette appellation a été souvent remplacée par celui de Haute Vallée de Chevreuse. En 1968, le remplacement du département de Seine-et-Oise par ceux des Yvelines, de l’Essone et du Val-d’Oise a achevé de le faire oublier, au point de rendre fautive l’absence de « s ».

Le nom Yveline est attesté en latin médiéval pour désigner la forêt sous les formes [Sylva] Aquilina au VIIIe siècle; [Silva] Eulina ou Evelina, enfin Iveline.
Il s’agit d’une formation toponymique médiévale basée sur l’ancien français ivel, yvel « réservoir d’eau ». Ivel est dérivé avec le suffixe diminutif -ina > -ine d’où le sens global de « [forêt de] petits cours d’eau, petit réservoir d’eau ». En effet, de nombreuses rivières prennent leur source dans l’actuel massif de Rambouillet ou ses environs.

La Drouette, grossie de la Guéville et de la Guesle conduit les eaux du bassin ouest jusqu’à l’Eure. La Rémarde et l’Yvette drainent ceux de l’est et du nord jusqu’à l’Orge. Toutes finiront dans la Seine, en aval ou en amont de Paris.

La Drouette
la Rémarde
la Rémarde
l'Yvette
l'Yvette

Le Pays d’Yveline comprend cinq terroirs principaux qui sont détaillés ci-après (descriptions de Wikipedia) identifiées sur la carte ci-dessous par des couleurs différentes : la plaine de Montfort, les Vallons de la Vesgre, de la Maltorne et de la Drouette , le massif de Rambouillet, la Vallée de l’Orge et la vallée de l’Yvette.

zoomez à volonté avec cette Google-Map, ou retrouvez ci-dessous le détail des 5 régions
Les armes de Monrfort-l'Amaury
Les armes de Monrfort-l’Amaury

C’est une région façonnée par l’homme, où les communes sont proches les unes des autres. La Mauldre y coule; peu d’étangs mais beaucoup de prairies inondables. La forêt est très morcelée par l’étalement humain, les prés d’élevage, les grandes cultures, la N12, la ligne Paris-Dreux/Paris-Argentan/Paris-Granville et à l’extrême-Sud-Est, par la ville-nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines ; la plaine de Montfort était déjà largement défrichée lorsque Guillaume de Montfort reçut la région en fief en 990 .

On y trouve les communes suivantes:
Auteuil, Autouillet, Bazainville, Bazoches-sur-Guyonne, Béhoust, Beynes, Boissy-sans-Avoir, Coignières, Élancourt, Flexanville, Galluis, Garancières, Goupillières, Grosrouvre, Jouars-Pontchartrain, Marcq, Mareil-le-Guyon, Maurepas, Méré, Les Mesnuls, Millemont, Montfort-l’Amaury  Neauphle-le-Château, Neauphle-le-Vieux, Orgerus, Osmoy, La Queue-lez-Yvelines, Saint-Germain-de-la-Grange, Saint-Rémy-l’Honoré, Saulx-Marchais, Thiverval-Grignon, Thoiry, Le Tremblay-sur-Mauldre, La Verrière, Villiers-le-Mahieu, Villiers-Saint-Frédéric

les armes d'Epernon
les armes d’Epernon

Région très rurale, faiblement peuplée et assez isolée dominée par Épernon et couverte de prés, de forêt peu profonde et de collines, sans grand axe de transport excepté la ligne Paris-Chartres/Paris-Nogent-le-Rotrou/Paris-Le Mans à l’extrême-Sud ; les vallons de la Vesgre, de la Maltorne et de la Drouette ont été partiellement défrichés sur ordre de Guillaume de Montfort, dont ils constituaient le second fief, aux alentours de l’an mil

On y trouve : Adainville, La Boissière-École, Bourdonné, Condé-sur-Vesgre, Droue-sur-Drouette, Écrosnes Émancé, Épernon, Gambais, Gas, Hanches, La Hauteville, Hermeray, Houx, Mittainville, Orcemont, Orphin, Raizeux, Saint-Hilarion, Le Tartre-Gaudran

les armes de Rambouillet
les armes de Rambouillet

C’est une région très forestière et préservée, restée sauvage et jamais défrichée, où les communes, très espacées, sont à la tête de territoires importants, d’où partent un grand nombre de cours d’eau de la région et qui comprend de nombreux étangs, lui valant le surnom de « château d’eau des Yvelines », et traversée par N10 et la ligne Paris-Rambouillet/Paris-Chartres/Paris-Nogent-le-Rotrou/Paris-Le Mans.

Le massif de Rambouillet était, lors de l’unification de l’Yveline entre 990 et 1050, partagé entre un territoire non-maîtrisé et administré en théorie depuis Saint-Léger-en-Yvelines pour sa partie septentrionale, mais en réalité plus ou moins dominé par le seigneur de Chevreuse, et un fief seigneurial dont le siège était à Rochefort-en-Yvelines ; la partie nord fut directement confiée à Guillaume de Montfort peu après l’an mil et la partie méridionale fut placée dans un état de vassalité au même moment, faisant du massif de Rambouillet le troisième terroir unifié à la seigneurie de Montfort.

Il s’agit du cœur de l’Yveline, parfois considéré comme étant le Pays d’Yveline authentique et sauvage, héritier des Carnutes.

Les communes : Bonnelles, Bullion, La Celle-les-Bordes, Clairefontaine-en-Yvelines, Gambaiseuil, Gazeran, Longvilliers, Poigny-la-Forêt, Ponthévrard, Rambouillet, Rochefort-en-Yvelines, Saint-Arnoult-en-Yvelines, Saint-Léger-en-Yvelines, Sonchamp

les armes de Dourdan
les armes de Dourdan

En fait haute vallée de l’Orge, terroir très forestier dans sa partie sud-ouest, incluant de nombreux prés et prairies dans sa partie nord et où l’on trouve de plus en plus de grandes cultures en allant vers le sud-est et dominé par Dourdan, où l’habitat est assez inégalement réparti, mais jamais isolé ; cette région est traversée par l’A10 et la ligne C du RER.

Ce terroir a été uni à l’Yveline en même temps que le massif de Rambouillet car il était dominé par Saint-Martin-de-Bréthencourt, fief de la maison de Rochefort, fidèle à Guillaume de Montfort, à l’exception de Dourdan, enclave royale jusqu’à sa prise au début du XIIème siècle.


Les communes sont : Angervilliers, Briis-sous-Forges, Bruyères-le-Châtel, Corbreuse, Courson-Monteloup, Dourdan, Fontenay-lès-Briis, Forges-les-Bains, Les Granges-le-Roi, Limours, Pecqueuse, Roinville-sous-Dourdan, Saint-Chéron, Saint-Cyr-sous-Dourdan, Saint-Martin-de-Bréthencourt, Sainte-Mesme, Saint-Maurice-Montcouronne, Sermaise, Le Val-Saint-Germain, Vaugrigneuse

les armes de Chevreuse
les armes de Chevreuse

En fait, haute vallée de l’Yvette, où l’occupation humaine est très inégale, entre l’Est densément peuplé et le centre faiblement occupé principalement par un assemblage de petites vallées très étroites où le couvert forestier est important à très important, mais aussi par quelques grandes cultures et prairies ; il s’agit d’un terroir pré-montagneux où le dénivelé est très important, le tout dominé par Chevreuse ; il n’y a pas de grand axe de transport, sauf la ligne B du RER qui ne pénètre pas très loin dans la vallée.

La vallée de l’Yvette a été le dernier fief uni à la seigneurie de Montfort, à la suite d’une série de guerres et de rébellions, le seigneur de Chevreuse refusant son statut de vassal de celui de Montfort, et ce jusque dans les années 1120 ; la vallée de l’Yvette est la région la mieux préservée de l’Yveline, d’un point de vue naturel et pittoresque, et celle où l’identité locale est restée la plus forte.


On y trouve les communes de Auffargis, Boullay-les-Troux, Les Bréviaires, Buc, Bures-sur-Yvette (dont la partie de la nouvelle commune des Ulis qui en a été soustraite), Cernay-la-Ville, Châteaufort, Chevreuse , Choisel, Dampierre-en-Yvelines (dont l’ancienne commune de Maincourt-sur-Yvette), Les Essarts-le-Roi (dont l’ancienne commune des Layes), Gif-sur-Yvette, Gometz-la-Ville, Gometz-le-Châtel, Janvry, Lévis-Saint-Nom, Magny-les-Hameaux, Le Mesnil-Saint-Denis, Milon-la-Chapelle, Les Molières, Le Perray-en-Yvelines, Saint-Aubin, Saint-Forget-les-Sablons, Saint-Jean-de-Beauregard, Saint-Lambert-des-Bois, Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Senlisse, Toussus-le-Noble, Vieille-Église-en-Yvelines, Villiers-le-Bâcle

Un peu d'histoire...

On doit la première mention de la forêt d’Yveline à Grégoire de Tours lorsque Clovis, roi des Francs, cède celle-ci à l’Église de Reims.
Le pays est ensuite mentionné à plusieurs reprises dans des actes du VI et VII siècle, mais son histoire commence vraiment sous les Capétiens.

En 997 Robert le Pieux, fils d’Hugues Capet, donne à l’Abbaye Saint-Magloire de Paris « la dîme de tous les troncs de la forêt d’Iveline ». À la même époque, il fait construire dans le pays d’Yveline un château à Saint-Léger-en-Yvelines pour son domaine de chasse ainsi que deux autres forteresses, l’une à Montfort l’Amaury sur la route de Paris, l’autre à Épernon sur la route de Chartres. Il confie la garde de celles-ci à un chevalier nommé Guillaume de Hainaut qui devient le premier seigneur de Montfort

À partir du XIe siècle, de grands défrichements sont entrepris par des ordres monastiques ou des seigneurs. De nombreux établissements religieux voient le jour comme des abbayes: Neauphle-le-Château (1078), Clairefontaine (1100), Houdan (1105), les Hautes Bruyères (1115), les Vaux de Cernay (1150), Granchamp (vers 1150), Saint-Rémy-des-Landes (1160), Notre-Dame de l’Ouïe (1163), Notre-Dame de la Roche (1196), Port-Royal des Champs (1204).
Plusieurs prieurés voient également le jour comme Saint Thomas d’Épernon (1053), Bazainville (1064), Saint Laurent de Montfort (1072), Maule (1076), Saint-Martin-de-Bréthencourt (1104), les Moulineaux (1166), le Planet (fin du XIIe siècle), .

le drapeau du Comté d'Yvelineveli
le drapeau du Comté d’Yveline – créé à partir des armes de Montfort

En 1224, la famille des Montfort, qui a la charge de la garde héréditaire de l’Yveline, obtient que celle-ci soit érigée en comté d’Yveline, qui prend rapidement le nom de comté de Montfort,

En 1292, Yolande de Montfort, héritière des comtes de Montfort s’unit à Arthur II, duc de Bretagne. Le comté de Montfort devient ainsi une possession bretonne pendant près de deux siècles et demi. Il revient à la couronne de France, par le mariage entre la duchesse Anne de Bretagne et Louis XII, et c’est donc dans un château français que François 1er meurt en 1547 à Rambouillet.

Mais naturellement, pour le petit peuple d’Yveline, être français ou breton n’a pas eu de sens.

Le développement des villes profite avant tout de la présence de Paris, énorme marché de consommation qui absorbe les productions de grains de la Beauce, le vin des 42 000 ha de vigne d’Ile de France, le bois de chauffage et tous les produits nécessaires à la vie de la capitale.

Ce sont les facilités d’accès le long des voies royales qui permettent le développement de marchés locaux, et l’émergence de certaines communes, comme plus tard se développeront les villes desservies par le chemin de fer, et encore plus tard celles qui bénéficient d’une sortie d’autoroute.

Mais s’y ajoute une activité spécifique à la forêt d’Yveline : la chasse. Elle explique le développement de relais de chasse, la concentration de métiers liés au cheval, puis de villes dont Rambouillet est la meilleure illustration.